Les Eternels, tome 1 : Uma
Dargaud
2010
Synopsis
Gaz et valium. En général le mélange ne pardonne pas. Sauf si on a un ami qui passe opportunément alors que vous avez déjà un pied et demi dans la barque de Charon. Si l'ami est (bon) flic, donc habitué à réagir au quart de tour, vous avez une (bonne) chance de vous en sortir. La belle Uma émerge donc indemne de sa cinquième tentative de suicide et reprend son boulot tout en concoctant la sixième. Boulot qui consiste ce jour-là à s'occuper du cas C281. Un crâne. Uma est Technicienne d'Identification Criminelle. Un métier emballant qui permet, à l'aide d'un logiciel ad hoc, de remodeler des visages à partir de pas grand-chose. Uma est une excellente TIC. Le visage de C281 se dessine peu à peu sur son écran. Un visage qu'elle connaît bien. Un visage qui ressemble au sien comme deux gouttes d'eau. C'est le visage de sa soeur, Mira, disparue de chez leurs parents adoptifs lorsqu'elle avait quinze ans. Mehdi, le flic kabyle, après enquête, la rassure. La victime travaillait dans le milieu diamantaire et n'avait donc rien d'une pauvre gosse de la DASS ! Uma, du coup, vire blême. Leurs parents adoptifs étaient diamantaires... Et elle n'a encore rien vu ! Elle ne sait pas encore que sa soeur faisait partie des Eternels, ces agents secrets sans pitié du monde des diamants. Elle ne sait pas encore que les employeurs de Mira vont l'obliger, elle, la fonctionnaire dépressive qui a peur de son ombre, à prendre la place de sa soeur, James Bond féminin survitaminée.Et qu'elle va y prendre goût... Uma a été imaginée par Yann (Les Innommables, Pin-up...) pour Meynet (Double M, Tatania K...). Le dessinateur voulait une belle histoire policière avec de superbes nanas. Yann lui a concocté une belle histoire policière avec de superbes nanas, en y instillant toutefois la "Yann touch" : une manière bien à lui de détourner les lois du genre. Les Eternels, au passage fort bien documentés sur les moeurs des milieux diamantaires, montrent une fois de plus que si personne ne peut faire du Yann, Yann, en revanche, peut tout faire.
Au commencement étaient deux sœurs. L'une, Uma, technicienne d'identification criminelle, l'autre, Mira, agent secret œuvrant dans le milieu des diamantaires. Carrossées comme des déesses, sculpturales au possible (l'une de ses motivations principales pour réaliser cette série, de l'aveu du dessinateur !), Uma et Mira, toutes deux d'origine indienne, se sont perdues de vue depuis longue date. Une séparation définitive car Mira vient d'être exécutée au cours d'une mission spéciale… ce qui amène les supérieurs hiérarchiques de l'agent secret à recruter sa sœur au nom de leur ressemblance troublante…
Rien de bien nouveau dans ce type de scénario de départ sinon, et c'est ce qui en rend la lecture délectable, l'intervention d'un autre protagoniste : le flic kabyle Mehdi au parler haut en couleur et le choix d'une héroïne présentée d'emblée comme ultra dépressive ! Si on ajoute à cela la remarquable documentation du scénariste, les bons mots et les trouvailles graphiques de Meynet (notamment les épatantes lunettes "Réalité Augmentée"), on obtient en définitive un cocktail aussi subtil qu'explosif. Les rondeurs du trait de crayon et l'utilisation de certaines couleurs louchent certes du côté de ligne claire, mais revisitée ici par une bonne dose de réalisme, une pincée d'érotisme discret et une succession corsée de scènes d'action qui font de notre Uma-Mira au look très "Matrix" une agréable nouvelle venue dans les troupes BD des agents de charme et de choc. À lire, pour ceux qui ont le sens du contraste, en écoutant en boucle le marilynien "Diamonds are the girls best friends". --Frédéric Grolleau
Spécifications
Auteur |
Meynet, Felix |
Editeur |
Dargaud |
Année |
2010 |
Format |
In-4 |
Reliure |
cartonné(s) |
Volume |
1 |
Langue |
Français |
ISBN-13 |
9782205053005 |
ISBN-10 |
2205053000 |
Réf. interne |
467547 |
Commentaire |
48 pages - EO |
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